23.03.2009

Mont-de-Marsan, un an après les municipales

Battus, pas revanchards




Série
Un an après l’élection de Geneviève Darrieussecq déboulonnant à la surprise générale l’indéracinable Philippe Labeyrie, retour sur les conséquences de ce séisme et sur l’après 16mars 2008. Aujourd’hui zoom (le dernier) sur les deux candidats éliminés au premier tour, André-Marc Dubos (Alternative citoyenne) et Guy Bertrand (CNI).
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photo Pascal Bats

 

Bertrand n'a plus mal

À 71 ans, Guy Bertrand est pour quelques mois encore président du CNI dans les Landes. Président des 51 militants à jour de cotisation. Le meilleur adversaire de Labeyrie estime néanmoins que sa carrière politique s'est achevée il y a un an au premier tour de l'élection municipale où il n'a rallié que 850 suffrages (6,43 %).

 

 

Il en garde la tenace impression d'avoir mené un inutile combat et d'avoir pris des coups qu'il ne méritait pas. « Pendant deux mois, après l'élection, j'ai eu mal à la tête. » Pas d'avoir perdu, « on était sûrs d'être battus », mais parce que « mon travail n'a pas été reconnu. » Il rumine encore les mois qui ont précédé l'élection, cette période où les tractations vont bon train, où victoire ou défaite se décident en coulisses. « On en a vraiment voulu à l'UMP. Ils nous ont menés en bateau pendant un an. Duvignac et moi, ils nous ont convoqués à Paris pour rien. » Hervé Bayard avait déjà gagné la partie pour Darrieussecq. « On a été victimes des accords nationaux alors qu'après les législatives, on avait pourtant obtenu des garanties. » « J'ai eu envie d'arrêter parce que dans mon équipe il y a eu beaucoup de défections. Mais on m'a poussé et j'y suis allé. » Au casse-pipe. « La campagne a été rude et m'a fait mal. On m'a traité de vieux et comme j'étais élu au Conseil municipal, on m'a ficelé avec Labeyrie. Moi qui l'ai mis deux fois au tribunal ! » Pendant la campagne, son « pragmatisme » et sa « droiture » n'ont pas séduit. « J'étais beaucoup plus réaliste que Geneviève Darrieusscq parce que je connaissais l'état des finances. D'ailleurs, je ne comprends pas qu'elle n'augmente pas les impôts à hauteur de l'inflation. » Il pense n'avoir « pas été assez méchant ». Mais il ne le regrette pas. « Être un tilleul de la mairie » Sa carrière de conseiller municipal achevée (il a fait deux mandats), celle de commerçant également (il vendait de l'électroménager avenue Kennedy), il n'a jamais eu autant de temps pour lui. Il s'adonne assidûment à la menuiserie et observe avec attention la vie politique montoise. Il dit en rigolant : « Il y a des fois, j'aimerais être un tilleul de la place de la mairie pour voir tous ces gens qui grenouillent. » De Darrieussecq, il dit mystérieusement : « Elle ne réfléchit pas avec l'arrière de la tête ». « Elle a l'air vaillant et volontaire aussi mais il lui faudra encore un an pour maîtriser son sujet. » S'il refuse la critique systématique et donc trop précoce, il veut dire un mot des finances, son dada. « Il faut faire des économies dans le budget. Je vois qu'elle en fait même là où il ne faudrait pas. Mais ça, c'est son problème. » Il y a aussi autre chose qui frappe Guy Bertrand : l'ambiance à la Communauté d'agglomération. « Il faut qu'ils arrêtent de se bagarrer. C'est désolant. Il faut s'occuper des gens, pas faire de la politique politicienne. C'est vrai que Labeyrie ne demandait pas assez à la Cam mais sans doute qu'à l'inverse elle demande trop. Et puis ce n'est pas bien d'avoir délégué un seul membre de son opposition. Avant on était quatre. »

Auteur : Jean-François Renaut

 

Dubos le « bienveillant »

Finalement, il a eu ce qu'il voulait. Ou plutôt, celui qu'il ne voulait plus. Il y a un an, André-Marc Dubos a vu Philippe Labeyrie disparaître de la scène montoise et cela suffit largement au bonheur de celui qui fut son « pourfendeur », des années durant. « Il ne m'a plus adressé la parole, en dehors du Conseil municipal, depuis 1989... Je suis allé au charbon contre lui parce qu'avec lui, ma ville n'avançait plus. Je savais qu'en l'amenant au deuxième tour, on le battrait. »

 

 

Mais s'il n'est plus le conseiller municipal qu'il a été pendant sept ans ou l'éternel candidat « contre » qu'il fut dès 1977 (face à Lamarque-Cando !), le personnage n'en demeure pas moins un observateur pointilleux de l'actualité du Moun. Pointilleux ne voulant pas dire intransigeant. « Ce doit être une première historique : pas un seul membre de la municipalité n'avait été élu auparavant. Donc, majorité ou opposition, je suis plutôt bienveillant avec tout le monde. Et même indulgent, c'est difficile de les juger après un an. » Côté opposition, une seule remarque, acerbe : « C'est une honte de les entendre dire qu'ils sont maltraités ! Ils ont un bureau, une permanence ; nous, pendant sept ans, on s'est simplement fait insulter ! Alors, soit ils sont innocents, soit ils ignoraient qui était vraiment le type avec qui ils se présentaient. » « On peut se parler » Mais même son ennemi intime vaincu, cela ne suffit pas à faire de lui un inconditionnel de sa « tombeuse », Geneviève Darrieussecq. « La seule évidence, c'est qu'il y a un changement dans l'exercice de la démocratie en interne : on peut se parler. Ça n'a rien d'exceptionnel, c'est simplement normal. Alors oui, on peut dire que je suis heureux que ça ait changé, pas de problème. Quant à savoir si je suis heureux d'avoir Geneviève Darrieussecq comme maire, on verra dans cinq ans. » L'ancienne tête de liste d'Alternative Citoyenne (8,89 % au premier tour en 2008, contre un peu plus de 24 % en 2001) a donc digéré de ne plus être en première ligne. « Houlala, ça ne me manque pas du tout. Même si j'ai rencontré des gens sensationnels et appris beaucoup en travaillant sur des projets intéressants, on en a bavé pendant sept ans. » Il siège désormais à la régie municipale (« Je l'ai réclamée pendant sept ans, je n'allais pas refuser d'y aller ! ») et s'occupe toujours autant dans le milieu associatif, entre musique, culture et tauromachie. Lui reste toutefois un zeste d'amertume (pour ne pas dire du fiel) qui suinte quand il parle de ceux qui, élus survivants de l'opposition en 2008, ont passé leur tour. « C'est scandaleux : les cinq qui ont été élus et se sont désistés, comment osent-ils encore parler et se montrer ! C'est une insulte à la démocratie : ça veut dire quoi, que tu es seulement là par intérêt personnel, pas pour servir ceux qui t'ont élu, c'est tout. » Entre deux piques réservées à « cet autocrate » qu'il aura combattu jusqu'au bout, il met donc en garde : « J'ai vécu la chape de plomb, la lâcheté ordinaire, le clientélisme : le pouvoir rend fou, c'est pour cela que je suis contre le cumul et pour la limitation des mandats. J'espère que notre maire ne tombera pas là-dedans. » « En 2014, je ne me représenterai pas ! Place aux jeunes ! » Il rit. Et conclut. « J'aurais de quoi écrire un bouquin, mais je ne le ferai jamais. » Dommage. Certains l'auraient sûrement lu avec bienveillance.

Auteur : Jean-Pierre Dorian

Tarnos : Un an après les municipales

TARNOS. Réélu dans un fauteuil, Jean-Marc Lespade, qui surfe sur une dynamique industrielle sans précédent, prépare une consultation électorale qui fait déjà grincer

 

Un referendum local et un pavé dans la mare

lespade-un-an.jpgC'est une quasi-certitude, les électeurs de Tarnos n'auront pas que les Européennes comme rendez-vous politique cette année. Ils devraient en effet se voir proposer une seconde échéance. C'est du moins l'intention de Jean-Marc Lespade, le maire communiste des lieux. Lequel, après avoir été brillamment réélu en mars dernier dès le premier tour sur un score sans appel de 66 % des voix, vient d'initier une réflexion qui n'a pas fini de résonner et de provoquer des crises d'urticaire. Une réflexion qui, non seulement, s'est affranchie des frontières municipales constituant pourtant son pré carré mais qui, surtout, aboutira à rien de moins qu'à un referendum local en bonne et due forme. De quoi s'agit-il ? Depuis plusieurs mois, le maire s'interroge autant qu'il cogite sur la place de Tarnos dans son environnement immédiat. À ceci près que Jean-Marc Lespade ne raisonne pas en territoires administratifs définis, mais en bassin de vie. Une nuance en apparence infime mais qui pourrait pourtant être à l'origine d'un chambardement majeur : le départ de Tarnos de la Communauté de communes du Seignanx vers une autre agglomération, celle du BAB. Et c'est précisément sur cette hypothèse que Jean-Marc Lespade veut consulter les Tarnosiens. Lesquels devraient être appelés à se prononcer en septembre ou octobre. « Je ne demanderai pas aux Tarnosiens s'ils veulent oui ou non adhérer à la Communauté d'agglomération du BAB, mais plutôt s'ils se sentent orientés vers le BAB, précise-t-il. Aujourd'hui, nous faisons partie de ce bassin de vie. Et il ne faut pas avoir peur du débat. » La monnaie de la pièce ? Reste qu'une telle perspective, un départ de Tarnos vers l'agglomération du BAB, porterait un coup assurément très rude, sinon fatal, à la Communauté de communes du Seignanx, dans la mesure où Tarnos est, en matière de finances, la principale contributrice. Une réalité qui est d'ailleurs loin d'être étrangère à la réflexion de Jean-Marc Lespade. « Il faut qu'il y ait une proximité étroite entre l'exécutif de la Communauté de communes et l'exécutif de la commune la plus importante », indique-t-il. Sauf que si, par le passé, Tarnos a eu la présidence de la Communauté de communes du Seignanx, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Jean-Marc Lespade a pourtant brigué la présidence l'année dernière, mais en vain. Il a dû s'incliner devant Jean-Marc Larre, le maire socialiste de la toute petite commune de Biaudos. Ceci expliquerait-il cela ? Jean-Marc Lespade chercherait-il à rendre la monnaie de la pièce aux élus du PS en leur proposant de se débrouiller entre eux et surtout sans les recettes de Tarnos ? « Ça ne tient pas la route, dit-il. Je me place dans l'intérêt des habitants. Ce qui m'intéresse, c'est de faire en sorte que Tarnos ait le meilleur développement possible. Et je revendique le droit de m'interroger. » 100 emplois à venir Reste qu'en matière de développement, Jean-Marc Lespade surfe sur une dynamique économique et industrielle sans précédent. La semaine dernière, il posait la première pierre de la médiathèque. En attendant, un autre coup de truelle plus important encore : celui du chantier du futur laminoir du groupe italien Beltram. Lequel doit investir ici près de 50 millions d'euros dans la construction d'une usine de traitement de l'acier. Le permis de construire pour ce site de 18 000 mètres carrés, qui devrait accueillir une centaine d'emplois, est délivré, et l'enquête publique est bouclée. Ne manque plus que le feu vert du préfet, ce qui ne devrait plus tarder. « Nous avons franchi une nouvelle étape, indique Jean-Marc Lespade. Ce projet est un symbole. Je défends l'idée d'un développement industriel qui crée de l'emploi et qui soit, en même temps, respectueux de l'environnement. » Le maire de Tarnos a donc tout pour être heureux surtout qu'un autre industriel de l'acier, les Catalans de Celsa, pourrait lui aussi s'implanter sur sa commune avec là un investissement record de 300 millions d'euros. Difficile d'entamer d'une meilleure manière un mandat. D'autant plus que si Jean-Marc Lespade risque de passer grand maître en pose de premières pierres, il pourrait aussi briller dans une autre spécialité, tout aussi minérale : le jeté de pavé dans la mare.

 

« Ça n'a pas de sens »

Au sein du Conseil municipal de Tarnos, la réflexion de Jean-Marc Lespade pose question. À droite bien sûr mais aussi au sein des élus socialistes de sa majorité comme l'explique Élie Marciano du groupe PS : « Pour nous, ce referendum ne sert pas à grand chose, dans la mesure où ce n'est pas à Tarnos de prendre la décision mais à la Communauté de communes du Seignanx d'intégrer ou pas la CABAB. Mais pour nous, intégrer la CABAB serait néfaste pour 3 raisons . Primo, la CABAB est fortement endettée donc aller se mettre dans des problèmes financiers alors que nous n'en avons pas et que Tarnos est plutôt riche, n'a pas de sens. Secundo, la CABAB a besoin de terrains pour développer les entreprises, car elle n'a plus de place. Les élus de la CABAB veulent se servir du Seignanx pour, à la fois, récupérer des finances importantes, compte tenu de leur endettement important et obtenir des terrains dont ils bénéficieront eux, dans le cadre de la TPU. Et enfin comment ne pas accepter la TPU dans le Seignanx et vouloir intégrer la CABAB qui a la TPU? » Pour Gérard Claverie d'Horizon Libre, le problème est ailleurs : « Pourquoi tout d'un coup le maire de Tarnos refuse-t-il de partager le gâteau ? Parce que Tarnos va perdre de l'argent ? Ce n'est pas la vraie raison, assure Gérard Claverie. Le maire a été candidat à la présidence de la Communauté des communes du Seignanx. Il n'était pas question à ce moment-là de se tourner vers la CABAB. Ce projet ne faisait pas partie du contrat lors des élections municipales non plus. Alors ? Faut-il voir dans ce revirement soudain une vengeance politique ? Rappelons que le PC a perdu le siège de conseiller général du canton et la présidence de la communauté au profit des socialistes. Socialistes majoritaires dans le Seignanx, rappelons-le. Là, se trouve le noeud du problème. »

 

66,03 %

C'est le score, sans appel pour la droite, avec lequel Jean-Marc Lespade a été réélu dès le premier tour en mars dernier. Sur 33 élus, cinq sont de l'opposition.

Auteur : jefferson desport
j.desport@sudouest.com

Photo David Le Déodic

21.03.2009

Mont-de-Marsan, un an après les municipales

ADVERSAIRE. Même absent de la campagne 2008, l'ombre d'Alain Vidalies n'a jamais cessé de planer alors. Et depuis. Que fera le député en 2014 ?

 

Vidalies ne dit pas non

Série. Un an après l'élection de Geneviève Darrieussecq déboulonnant à la surprise générale l'indéracinable Philippe Labeyrie, retour sur les conséquences de ce séisme et sur l'après 16 mars 2008. Aujourd'hui, zoom sur Alain Vidalies, qui reste pour beaucoup le mieux placé pour la reconquête par la gauche.

vidalies-un-an.jpgLe message subliminal n'a pas varié. Les mots, si. Et quand il est question de l'éventuelle candidature d'Alain Vidalies aux élections municipales montoises de 2014, fatalement, chaque syllabe a son importance. Interrogé il y a quatre mois dans nos colonnes sur ce sujet ô combien sensible, le député de la première circonscription avait alors fait du Vidalies, sourire entendu à la clé : « si vous le permettez, ça, c'est vraiment la question à laquelle je ne veux pas répondre. » Aujourd'hui, sans aller jusqu'au bout de la réponse, le discours a varié d'un iota : « je ne me cache pas, je ne réponds pas que je n'y irai pas. » Pas son truc la fiction. Dans sa barbe blanchie au harnais de l'expérience, le député et conseiller général sait bien qu'il est aussi facile qu'inutile de « refaire le match de 2008 », comme de se projeter déjà vers celui programmé dans cinq ans. « Faut-il rappeler que les électeurs qui auront 18 ans en 2014 ont aujourd'hui 13 ans ? Imaginez pareille projection un an après les municipales de 2001 : il n'y avait aucune chance de voir apparaître le maire actuel sur la photo... » Sur la photo Un point pour lui : Geneviève Darrieussecq n'était alors même pas élue régionale et n'imaginait sûrement pas elle-même se retrouver dans le fauteuil qu'elle occupe depuis un an. Alain Vidalies, lui, aurait pu. Parce que sur la photo, il y était en 2002. Ce qui ne l'autorise pas, au nom de la discipline de son parti, à commenter plus que de raison l'échec de la gauche et la défaite de Philippe Labeyrie. « On est toujours dans le temps des regrets, pas encore tout à fait dans celui des projets. » Mais il y a cette sacrée photo, celle sur laquelle il a si longtemps posé, en tant que premier adjoint. Photo qu'il a quittée en 2002, donc, lui le dauphin désigné depuis 1989. Contraint et forcé de renoncer, dit-il, par la loi sur le cumul des mandats et la décision collégiale du PS : député réélu au mérite dans l'euphorie qui portait alors la droite et le gouvernement Raffarin, il avait été jugé plus judicieux de conserver à la gauche le canton de Mont-de-Marsan Sud, en danger potentiel. « Vous connaissez la formule '' les dauphins sont faits pour finir échoués sur les plages ''... Mais je ne sais pas pourquoi on veut toujours me reprocher d'avoir quitté la mairie dans des circonstances qui resteraient critiquables. » Il ne se prive d'ailleurs pas de rappeler que le seul qui avait alors préconisé l'inverse s'appelait... Labeyrie. S'en suivit l'épisode rageur du « morse boulimique », balancé par César à la barbe de son « fils » déchu, candidat furtif à la candidature en 2004. Quand la version moins idyllique rapporte que l'héritier présumé se lassait d'attendre une succession qui ne venait pas dans les temps impartis... Dans le petit monde du non-dit qu'était le PS montois sous l'ère Labeyrie, arrive ainsi 2008, Vidalies toujours en arrière-plan, mais un seul candidat à l'investiture. Après cela, c'est vrai, 2014 peut paraître loin. Plus clair après 2011-2012 Renaud Lagrave ne dit rien d'autre. Secrétaire fédéral et élu porte-parole de l'actuelle opposition (« qui fait très bien son travail », dixit Vidalies), il pourrait après tout nourrir quelques ambitions, qui mouille la chemise pour assurer cette fameuse « reconquête ». « J'entends parler d'Alain Vidalies, mais je note que ce n'est pas lui qui en parle et je m'en félicite. Chaque chose en son temps, les Montois ont autre chose à penser d'ici là. » Et d'autres occasions de voter aussi, avec des cantonales en 2011, puis surtout la présidentielle et les législatives en 2012. « La séquence 2011-2012 sera essentielle, on y verra plus clair après », souligne d'ailleurs le principal intéressé, qui devra dans ce laps de temps remettre ses deux mandats en jeu. « Le paysage politique peut être totalement bouleversé. » Veut-il parler du local s'il est battu (ou réélu !) ? Ou plutôt du national, si la gauche remporte la présidentielle ? Les deux, évidemment. Et réciproquement, dirait un astrologue. D'ici là, il faudra à Vidalies finir de convaincre en interne, lui qui, pas vraiment sur la même longueur d'ondes que Renaud Lagrave, s'est toujours fait fort de garder son indépendance landaise dans la lutte des courants du PS. Quant aux soucis de la CAM, son premier vice-président en sourit clairement (lire par ailleurs). La CAM, ce parfait poste stratégique que le conseiller municipal de Laglorieuse se défend d'avoir conquis en connaissance de cause. « Quand je me présente à Laglorieuse, comment imaginer que Mont-de-Marsan allait basculer ? » Certes, mais même Labeyrie élu, n'aurait--il pas pu tout aussi bien faire du bâtiment de la caserne Bosquet son cheval de Troie pour repartir à l'assaut du bastion dont le Montois parle avec une sincère affection ? « J'ai des regrets de ne pas avoir pu être candidat à la mairie de ma ville. J'ai cette fibre-là et si cette occasion s'était présentée, elle aurait été pour moi presque un aboutissement. » En 2014, à 63 ans, il sera toujours temps de combler ce manque. Au moins en étant l'officiel candidat à la reconquête.

CAM : « des efforts communs à faire »

Sur Geneviève Darrieussecq, Alain Vidalies se « permet une observation, de fond : par rapport à son discours, sa gestion me paraît très partisane. D'abord en n'octroyant qu'un seul siège à la CAM pour représenter 47 % des Montois. Ensuite en s'entourant d'une techno-structure qui ne me paraît pas vraiment s'accorder avec l'idée de rassemblement. » Adversaires à la Communauté d'agglomération du Marsan, les deux vice-présidents ne sont-ils pas destinés à s'entendre pour défendre les intérêts montois ? « La démarche qui consisterait à essayer de me mettre en porte-à-faux me paraît un peu basique, ironise-t-il. Il faudrait une stratégie un peu plus sophistiquée, les électeurs savent très bien ce que chacun fait... » Pour l'instant, chacun fait surtout la guerre ! « Il serait irresponsable de continuer ce genre de guérilla. Moi, je ne peux que souhaiter que les choses s'arrangent. Il y a des efforts communs à faire, une démarche collective à adopter, pour s'accorder sur ce qui est le véritable intérêt communautaire. »

Auteur : jean-pierre dorian
j-p.dorian@sudouest.com

Photo Nicolas Le Lièvre

Saint-Sever, un an après les municipales

SAINT-SEVER. Après son double échec de mars 2008, Arnaud Tauzin s'est coulé vaille que vaille dans le rôle de conseiller d'opposition. Jean-Pierre Dalm garde toute sa sérénité

 

Dalm versus Tauzin, le combat est quotidien

tauzin-dalm.jpgL'un est mesuré, prudent, donne l'impression qu'il ne peut pas faire de mal, l'autre plutôt agressif, voire arrogant, mais tous deux sont des ambitieux. Jean-Pierre Dalm, sans faire beaucoup de bruit, a remporté déjà deux scrutins municipaux et cantonaux en autant de scrutins, battant d'abord (en 2001) le maire et conseiller général sortant Jean-Pierre Brèthes, puis il y a un an le jeune du cru aux dents longues qui tire sur tout ce qui bouge, surtout quand c'est socialiste. Arnaud Tauzin, la trentaine venue, espérait en 2007 faire aussi bien qu'Henri Emmanuelli à ses débuts : dégommer un député blanchi sous vingt ans de mandat ; et de plus, ramener Saint-Sever dans le giron de la droite où elle était avant. S'il a pu faire illusion aux législatives 2007, sans toutefois faire vaciller le député sortant mais en le poussant à un second tour lui servant idéalement de tribune, le jeune brun a quelque peu déçu depuis. Battu à plate couture il y a un an aux municipales (58,86 % pour son adversaire) et aux cantonales (56,24) dès le premier tour, l'audacieux leader de l'UMP landais a perdu de sa superbe en se cantonnant au rôle d'opposant local. Décisions idéologiques Alors certes, Arnaud Tauzin ferraille sur des décisions qu'il qualifie « d'idéologiques », comme ce « refus de vouloir étudier la mise en place de l'accueil des enfants à l'école les jours de grève. Une prise de position sectaire, c'est de la politique politicienne, ce qu'on ne fait pas en conseil municipal ». Il qualifie « d'erreur majeure l'aménagement d'une voie nouvelle pour relier Saint-Sever au coeur de la Chalosse, voie sortante uniquement alors qu'elle aurait dû être à double sens pour dynamiser le centre-ville. » Il fustige aussi cette décision de « commencer à se servir soi-même, en augmentant les indemnités des élus avec une masse budgétaire équivalente à l'augmentation de salaire des employés municipaux » et en « votant des indemnités aux membres de la communauté de communes, alors qu'il n'y en avait pas avant. En temps de crise, est-ce une priorité ? Et pendant ce temps, l'endettement de la commune est du double de la moyenne des villes comparables. » Installé sur place, où il développe peu à peu son entreprise de conserverie de palmipèdes gras haut-de-gamme, il utilise aussi le poste de président départemental de l'UMP pour se montrer à son avantage. Venue de ministres, visite de personnalités, conférences de presse, il fait alors feu de tout bois pour tirer sur ses cibles favorites, les notables socialistes landais, « qui ne font pas bouger grand-chose. » Opposition systématique Face à lui, le docteur Dalm ne perd pas son temps, ni ses moyens. « Il est un peu trop agressif, dit-il, fait de l'opposition systématique, même parfois sur l'ordre du jour du conseil municipal. Il nous accuse de mal gérer, mal dépenser, c'est de bonne guerre, mais j'attends encore des projets constructifs. Les finances de la commune ne m'inquiètent pas du tout, l'endettement est supportable ; Et puis on ne peut pas investir sans emprunter. » Face à son opposant, qui « se demande à quoi il sert au conseil général, où élu de Saint-Sever il devrait pousser à construire la rocade de Mont-de-Marsan en deux fois deux voies », le maire veut rester serein. Cette agitation ne m'empêche pas de travailler sereinement, assure M. Dalm, de travailler les dossiers. Qualité des services à apporter (écoles, petite enfance, personnes âgées), soutien au monde associatif qui est animation et lien social, embellissement de la commune et entretien du patrimoine, qui est l'un des plus importants du département. » Riposte politicienne Quant aux « coups politiques » de son jeune adversaire, le maire a plutôt tendance à s'en moquer. « L'arrivée de M. Woerth, avec des promesses substantielles, on en attend le résultat. Mais on sait bien que c'est faux : quand on voit l'état des finances dans notre pays, je suis sans illusion sur les capacités d'un élu à mobiliser des aides de l'Etat que personne ne peut obtenir. » Et puis, la riposte politicienne : « quand on se targue d'être si bien placé avec un ministre, il, faut se comporter comme un élu de Saint-Sever, mais pas en leader politique opposé au président du Conseil général. »

 

le rôle de la communauté de communes :

Deux visions plutôt opposées

Tauzin.  Le jeune opposant ne cesse de fustiger ces décisions «ineptes, cette vision à l'ancienne où on concentre les projets dans la ville-phare. La fête du foie gras en plein été, c'était une date pour les touristes, mais pas adaptée au commerce. On l'a changée, pour la mettre au printemps, totalement en dehors de la période de consommation! Quant à la zone d'activités, elle est située sur le terrain le plus près de Mont-de-Marsan, alors qu'au contraire le grand défi de Saint-Sever doit être de faire en sorte que la deux fois deux voies ne nous transforme pas en cité dortoir de la préfecture. C'est tout le contraire qu'il faudrait faire.»

Dalm. Dotée de la compétence économique, la communauté de communes du Cap de Gascogne a fait des réserves foncières pour installer des entreprises, notamment sur Montaut et Haut-Mauco. Sur cette dernière commune, la parcelle de 35 ha serait prête à accueillir le projet de zone commerciale de la société Storim, si son promoteur ne devait pas faire accord avec Saint-Pierre-du-Mont, mais M.Dalm ne bouge pas pour l'instant, se contentant de se tenir prêt. La commune et la communauté de communes se sont également portées caution de la fête du foie gras, autrefois programmée en juillet, passée cette année en avril, dans le prolongement de Foie gras Expo à Mont-de-Marsan.

Auteur : jean-louis hugon
jl.hugon@sudouest.com

19.03.2009

Parentis-en-Born, un an après les municipales

PARENTIS- EN-BORN. Co-responsable, avec son parti, de la déconfiture du PS aux deux élections locales, le retraité croit toujours en une victoire de la gauche

 

Pas de regrets pour Paul Grimberg

grimberg.jpgOn n'avait pas revu Paul Grimberg depuis sa double défaite (cantonales et municipales) en mars 2008. Ce qui ne signifie pas qu'il ait disparu. Toujours domicilié à Parentis, bien qu'il aille de temps en temps séjourner dans sa maison de vacances de l'Île d'Oléron, il s'intéresse toujours de près à la vie locale. Désormais retiré de la politique et candidat à plus aucun mandat - « j'aurai 69 ans au prochain scrutin municipal », dit-il -, il n'en a pas pour autant renoncé à intervenir. C'est même sous son influence qu'a été créée, avec des élus actuels, des anciens et des proches, une association dont le programme est contenu dans le nom : Cap 2014. Il ne la préside pas, en est seulement adhérent, mais il pousse derrière.

Car Paul Grimberg est persuadé que sa ville peut revenir à gauche, malgré la lourde parenthèse de division qui a fait exploser le PS local pendant les deux années ayant précédé le scrutin 2008. « Ces 6 ans de gestion UMP ne seront qu'une parenthèse. Je suis sûr que cela peut changer à nouveau au prochain scrutin. Mais je ne regrette absolument pas les décisions prises l'an dernier, dit-il aujourd'hui. Quand je prends un coup de couteau dans le dos, je me défends. » Allusion à ce qu'il considère comme une coalition contre lui de la part du PS local pour n'avoir pas soutenu son protégé Pascal Valette, mais d'abord Janine Jarnac, puis Eric Soulès. Aujourd'hui, ce dernier est 3e adjoint au maire Christian Ernandorena, Janine Jarnac s'est retirée, et Pascal Valette, leader de l'opposition au Conseil municipal.

« Je ne changerai rien »

Un an après, le retraité pense-t-il que le PS aurait pu faire autrement pour ne pas perdre la ville ? « Moi, je ne changerai rien, dit M. Grimberg. On avait choisi quelqu'un d'autre, je me suis présenté, mais le PS ne m'a pas soutenu. La section locale de Parentis a même fait campagne pour Ernandorena : c'est de notoriété publique, tout le monde les a vus en train de distribuer des tracts et de faire les boîtes aux lettres ! »

La seule chose qu'il ferait autrement aujourd'hui, ce serait la campagne électorale. « On n'a pas fait assez de terrain, dit-il, de porte à porte, comme on avait fait lors des campagnes précédentes. On a trop abandonné ce terrain-là. »

Reste qu'aujourd'hui encore, l'ancien maire avoue avoir été surpris par l'ampleur du résultat. « On ne pensait pas perdre avec autant d'écart, dit-il un an après. 70 %-30 %, c'est énorme, on n'avait pas vu venir le coup. Mais d'un autre côté, si on avait perdu 52 % - 48 %, ça m'aurait mis en colère, là, c'était trop gros. »

Pour les cantonales en revanche, Paul Grimberg n'a pas été surpris de la victoire d'Alain Dudon. « Là, pour que je sois réélu, c'était compliqué. En face, à droite, Dudon était le seul candidat, et il aurait fallu des circonstances particulières pour inverser le résultat. Rappelez-vous que la première fois, il y avait eu une quadrangulaire à droite. Et en 2001, une grande partie de la droite avait fait voter pour moi. »

Le problème du pôle culturel

Toujours attentif à la lecture du journal, « maintenant, j'ai le temps de le lire le matin », Paul Grimberg reste silencieux, ce qui ne l'empêche pas de donner son avis. « J'ai une autre vie, plus relax, dit-il, je vais chercher ma petite-fille à l'école, même si quelquefois certaines prises de position de l'équipe actuelle me font bondir. Quand j'entends que c'est à cause de l'état dans lequel ils ont trouvé les finances de la ville qu'ils vont augmenter les impôts de 15 % ! S'ils n'avaient pas refusé le pôle culturel, ils n'auraient pas eu de pénalités à payer, ni de subventions à rendre. Ils auraient économi- sé 600 000 euros, et n'auraient pas eu besoin de prendre un crédit de trésorerie d'1 million, ce qui ne s'est jamais vu. Quand je pense que tout était prêt, voté, que la sal- le de 250 places n'aurait coûté qu'1 million d'euros à la ville, sur 20 ans ! »

Pour l'avenir, Paul Grimberg « ne se présentera plus à aucun scrutin, c'est sûr, mais je donnerai un coup de main au moment des campagnes, locales comme législatives. »

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Ernandorena  : « Une situation financière catastrophique »

À son arrivée aux commandes de la commune, Christian Ernandorena affirme avoir trouvé les finances « dans une situation catastrophique. Nous avons demandé un audit jusqu'à fin 2007, pour lequel tous les indicateurs sont dans le rouge. Rendez-vous compte que si nous voulions équilibrer les dépenses de fonctionnement, il faudrait augmenter les impôts de... 65 % ! Ce que bien sûr nous n'allons pas faire. »

La situation de la commune est si tendue qu'après l'audit, et avant de prendre toute décision, le Conseil municipal a demandé l'aide de la préfecture, de la trésorerie générale et même de la Chambre régionale des comptes. Depuis le budget primitif 2008, adopté une semaine avant les élections, la majorité actuelle n'a voté aucun budget, et elle s'apprête à en voter un en déséquilibre le 26 mars prochain. « Nous ne souhaitons pas une mise sous tutelle de la préfecture, mais demandons un plan de redressement de la commune, dit le maire. Un plan qui va être sévère. En 2008, nous avons réussi à inverser la spirale des dépenses, qui augmentaient de plus de 3 % par an. Mais maintenant nous allons devoir faire des sacrifices, au moins pour 2 ans. »

Auteur : jean-louis hugon
jl.hugon@sudouest.com

Photo Pascal Bats

18.03.2009

Aire-sur-L'Adour, un an après les municipales

AIRE-SUR-L'ADOUR. Un an après le couac des cantonales, Xavier Lagrave se refait une honorabilité municipale, tandis que la vie politique reprend des couleurs à Aire

 

Xavier Lagrave a remis les pendules à l'heure

lagrave-x.jpgDans les annales des dernières élections cantonales, Aire-sur-l'Adour reste au hit-parade des mauvais films. Et c'est Xavier Lagrave qui remporte l'oscar bleu blanc rouge de l'acte manqué : dans le rôle du candidat de droite investi par l'UMP, le viticulteur quadragénaire centriste avait juste oublié de s'inscrire à temps sur les registres électoraux. Un couac qui fait écho à un autre : Robert Cabé avait déjà triomphé aux municipales en 2001, faute d'adversaire, Marc Amestoy se désistant, un mois avant l'échéance. Sur sa liste, un certain Xavier Lagrave... « Une histoire du passé » Un an après, de l'eau a coulé dans l'Adour. « Il faut faire avec, c'est terminé. C'est une histoire du passé », philosophe Xavier Lagrave, avant de glisser, non sans humour : « En fait, j'étais juste avant-gardiste. J'ai anticipé la commission Balladur qui propose la suppression du Conseil général... » Il faut dire que si le candidat malheureux a essuyé l'affront cantonal et les quolibets généraux, le score des municipales lui a redonné le sourire : il a en effet recueilli 38,69 % des suffrages. Un chiffre loin d'être déshonorant face à l'indéboulonnable Robert Cabé (53 % des voix, élu depuis 19 ans) et à la liste de Jean-Luc Paquet (8 %). « J'étais évidemment déçu d'avoir perdu. Mais faire 39 % quand on se retrouve face à Cabé, ce n'est pas une mince affaire, surtout dans ce contexte... Beaucoup d'amis politiques m'ont même dit : "39 % c'est très bien. Quand Tauzin fait 41 % à Saint-Sever avec une seule liste à droite"... » Parce qu'en effet, le maire sortant avait deux listes de droite face à lui : celle de Xavier Lagrave donc, centriste « UDF-Modem à tendance diversité départementale » et Jean-Luc Paquet, membre du Parti radical valoisien, parti associé à l'UMP. Mais quelques semaines seulement après les municipales, le docteur Paquet est muté dans le Var. Et cède ainsi son siège à Bernadette Jourdan, agent immobilier à la retraite. Surprises Ainsi, face à la majorité, une opposition à deux têtes : le centriste Xavier Lagrave et quatre membres de sa liste d'union, Aire, un élan d'avenir, et Bernadette Jourdan incarnant toute seule Ensemble pour une Aire nouvelle. « Pendant sept ans, j'ai été entouré par 100 % de ma liste. Cette fois-ci, avec deux oppositions, je suis servi », sourit Robert Cabé. Sauf que... « Ils s'opposent plus entre eux qu'autre chose », glisse-t-il. Et puis surtout, leur ligne de conduite étonne le maire. « Première surprise : le docteur Paquet, qui a siégé à deux séances, a voté le budget 2008... Surprenant quand même pour un opposant UMP. » Deuxième surprise, le départ de Jean-Luc Paquet, remplacé par Bernadette Jourdan. Novice en politique, mais « très assidue ». Une assiduité que Robert Cabé met en balance avec les « absences » de Xavier Lagrave. « Il est assez peu présent dans le débat local. D'ailleurs, je lui ai proposé un siège dans l'opposition au conseil communautaire, mais il n'y tient pas. Tout cela est assez surprenant. » Enfin, Robert Cabé trouve son principal opposant « très dilettante. C'est presque un peu décevant ». Absent Xavier Lagrave ? « Disons plutôt que je découvre. Je passe là, je regarde comment ça se passe et on verra », commence-t-il. « Mais je ne vais pas lui rentrer dedans pour faire de la démagogie. C'est vrai que parfois, on se doit de répondre pour se montrer. Moi je ne rentre pas dans ce jeu là, si ça ne fait pas avancer le schmilblick, ça ne sert à rien de batailler. Peut-être en effet que j'aurais pu répondre sur certains sujets, mais je n'avais pas envie », confie Xavier Lagrave en toute franchise. « Mais que Robert Cabé ne s'inquiète pas, je serai moins absent à l'avenir », livre celui qui, après en effet une passe difficile, « reprend du poil de la bête ». Opposition constructive Et si la majorité s'étonne du manque d'agressivité, là encore, fidèle à sa ligne de conduite, Xavier Lagrave répond : « on a décidé d'être une opposition constructive, on valide donc ce qui est bien pour les Aturins. Et on a n'a pas eu de mal à valider les projets de M. le Maire, il a repris nos projets de campagne », rétorque-t-il. « À croire que notre livre de campagne est sa lecture de chevet », finit-il. Ajoutant qu'il y « a toutefois des points de désaccord sur lesquels nous nous sommes exprimés ». Par exemple ? « La majoration de 15 % des indemnités de fonction du maire. C'est légal mais au vu des circonstances économiques, ce n'était pas à faire. » Ou encore, l'aménagement d'une rue. En revanche, si Robert Cabé évoque des frictions au sein même de l'opposition, celle-ci ne confirme pas. « La guéguerre politique se situe plus au sein même de la majorité. Ça a déjà commencé, on va rigoler. Parce que Robert Cabé joue au-dessus de la mêlée, il a 25 ans de métier, et d'autres visions. Il regarde vers les sénatoriales. » Symptomatique de l'atmosphère aturine, la proposition, étonnante elle aussi, de la majorité, aux opposants. « Nous sommes disposés à leur réserver une place conséquente lors d'un prochain Conseil municipal pour qu'ils aient l'occasion de nous présenter un des projets sur lesquels ils s'étaient engagés pendant la campagne. C'est sérieux », ajoute le maire. « Robert Cabé n'est pas dépourvu d'humour, mais c'est une parodie », rétorque Bernadette Jourdan. « Les élections se sont arrêtées le 16 mars, les choses se sont faites de façon démocratique, on ne revient pas dessus. » Un peu le monde à l'envers tout ça...

Auteur : AUDE FERBOS
a.ferbos@sudouest.com

17.03.2009

Mont-de-Marsan, un an après les municipales

ÉQUIPE LABEYRIE. Cinq anciens reviennent sur les raisons de la défaite et jugent sévèrement la première année de mandat de Geneviève Darrieussecq

L'impatience des anciens


voeux-labeyrie.jpgIl y a ceux qui sont restés en contact proche avec l'ancien maire et toujours sénateur, et ceux qui ne le voient que de temps à autre.

Parmi les premiers, Renaud Lahitète (directeur de cabinet puis adjoint à l'habitat et au logement). « Philippe Labeyrie était un ami avant, il l'est resté. » Jean-Michel Carrère (domaine public, bâtiments scolaires et sécurité alimentaire) aussi : « On se voit régulièrement et de façon beaucoup plus détendue qu'avant, même s'il reste pour moi M. le maire. »

Parmi les seconds, Sylvie Bize (vie associative) : « Je l'ai revu en décembre. Je n'ai jamais été de la cour. » Alain Brassel (sports) et Michel Larrat (régies municipales, cimetières) aussi : « On se croise de temps en temps ».

Le risque d'une défaite, certains en avaient fait part à l'intéressé (Bize), d'autres ne l'avaient pas envisagé une seule seconde (Carrère) mais tous ont, un an après, une analyse identique du scrutin. « Ce n'est pas Darrieussecq qui a gagné mais Labeyrie qui a perdu » (Carrère), « il y avait un espace libre, elle a su le prendre. Elle a gagné par défaut » (Larrat).

« Ça parle beaucoup »

Et aujourd'hui, quand ils estiment que l'équipe Darrieussecq communique beaucoup, c'est aussi parce que l'équipe Labeyrie ne le faisait pas suffisamment.

Concernant le bilan de la première année de mandat Darrieussec, c'est ça que retient Sylvie Bize : « Ça parle beaucoup », estime-t-elle, avant de rajouter, taquine. « Il faut laisser aux gens le temps de se familiariser avec une tâche qu'ils n'avaient pas mesurée. Ils sont un peu dépassés. »

« Ce qui domine, c'est beaucoup de communication », renchérit Renaud Lahitète, qui pointe « une absence réelle de projets ». « Même s'il y a des choses intéressantes comme Saint-Roch ou les samedis piétons, ça manque de souffle. »

« Pour l'instant, ils ont fait quoi ? », fait mine de s'interroger Jean-Michel Carrère. « Ils ont repris et terminé nos projets. » Et de citer la salle du Petit-bonheur, l'école du Bourg-Neuf et la plate-forme sociale.

« Il y avait dans notre programme plein de projets urgents ou importants d'entreprendre, comme l'Anru dans le quartier du Peyrouat ou Mont-de-Marsan historique », glisse Lahitète. « C'était pourtant lancé. Et puis... » Et puis « pas de complexe funéraire non plus », grogne Larrat.

« Une ville de gauche »

« Ils se sont concentrés sur le stade Guy-Boniface au détriment du reste ». Guy-Boniface, c'est le cheval de bataille d'Alain Brassel. « Il y avait un budget pour les infrastructures sportives, ils ont tout pris pour le stade et il n'est rien resté pour la salle Sarraute, ni pour la salle Barbe-d'Or. Ils ont mis tous les oeufs dans le même panier. »

Sylvie Bize se penche plutôt sur les associations, « dont beaucoup sont déboussollées ». « L'ambiance de ce nouveau Mont2 ne me plaît pas », souffle Carrère.

Et tous sont de nouveau d'accord pour vilipender les tensions au sein de la Communauté d'agglomération. « En n'envoyant qu'un membre de l'opposition, elle a d'entrée créé de mauvaises conditions », dit Lahitète. « On a l'impression qu'ils cherchent des poils aux oeufs dès que ça ne vient pas d'eux », renchérit Carrère. Larrat diffère. « Ce jeu de ping-pong entre Darrieussecq et Jullian est quelque chose de stérile. Ça ne fait pas avancer les choses. » L'ancien élu communiste prévient : « Ceux qui pensent créer des difficultés à Darrieussecq pourraient d'abord s'en créer à eux. » Un risque qui n'inquiète pas Sylvie Bize. « Cette ville ne restera pas à droite. C'est une ville de gauche avec un fonctionnement de gauche. »

 

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Vidalies est le mieux placé

Ça n'est pas une surprise. À la question, « qui est le mieux placé pour ramener la ville dans le giron de la gauche en 2014 ? », ceux de l'équipe Labeyrie voient d'abord Alain Vidalies. Avec néanmoins quelques nuances dans le propos. « Peut-être que quelqu'un de jeune et nouveau se fera remarquer dans le paysage socialiste, avance Sylvie Bize, mais à ce jour, je pense qu'Alain Vidalies est le seul en capacité de reconquérir la mairie. »

Alain Brassel se mouille moins. « Il est difficile de dire, "je vois untel ou untel". En cinq ans, il peut se passer plein de choses. Toutefois aujourd'hui, il y a un nom qui revient régulièrement. »

Michel Larrat est plus critique. « Ceux qui pensent à dans cinq ans, ils auraient mieux fait de le faire avant. Ça aurait évité de donner prise à certaines critiques de Mme Darrieussecq. Je crois qu'en 1989, il ne fallait pas mettre deux éléphants dans le même bocal. »

Auteur : jean-françois renaut
jf.renaut@sudouest.com

Photo Archives Nicolas Le Lièvre :
La dernière cérémonie des voeux de philippe Labeyrie, en janvier 2008

Vielle-Saint-Girons, un an après les municipales

VIELLE-SAINT-GIRONS. Après une année chaotique et six démissions, les électeurs étaient appelés aux urnes dimanche, pour compléter le Conseil. Un tour a suffi

 

Trambouze retrouve une majorité

vielle.jpgUn an après, pour fêter les municipales, à Vielle-Saint-Girons, on a revoté. Épilogue d'un feuilleton clochemerlesque qui a vu se succéder, dans le désordre : six démissions, des adjoints déchus, une plainte contre le maire Bernard Trambouze et finalement celui-ci conforté par une majorité renforcée. Dimanche, dernier donc, les électeurs de la petite commune (un millier d'habitants) étaient appelés aux urnes. Ils devaient compléter les six places vacantes au Conseil municipal. Une seule liste s'est déclarée. Celle dite « de soutien au maire ». Les six noms proposés par Bernard Trambouze ont eu, sans grande surprise, la faveur des suffrages. Pas un référendum Il n'y aura pas de second tour dimanche prochain et le premier magistrat savoure : « Il n'y a aucune de honte à avoir et je le dis, je suis satisfait. Je sors renforcé de cette élection. » C'est un fait. L'édile peut désormais compter sur une majorité municipale de 12 conseillers contre 3 dans les rangs de l'opposition. Pour un rapport de 10 à 5 au mois de mars 2008. Et le taux de participation, 63 %, n'offre pas matière à relativiser le résultat. Peut-être les 107 bulletins nuls et environ 80 noms (lire par ailleurs) fantaisistes inscrits par certains électeurs traduisent-ils une certaine lassitude, après une année de vie municipale chaotique ? Bernard Trambouze balaie l'hypothèse et relativise : « Certes, ça a été compliqué, mais je vous fais remarquer que l'on n'a pas connu de blocage comme ailleurs (lire ci-après). Tout a été voté. Les dossiers ont suivi leur cours. » Bernard Trambouze l'emporte, donc. Pourtant, sa stratégie « du fait accompli », aurait pu irriter ses administrés. Avant le scrutin, il avait annoncé qu'en cas de camouflet pour lui, il ne démissionnerait pas pour autant de ses fonctions de maire. Il refuserait d'envisager le vote comme un référendum à la De Gaulle. Une manière de s'imposer par l'absurde que l'on pourrait traduire ainsi : ce sera moi pour une administration normale, ou la sclérose du Conseil. Une année ubuesque Pari gagné, pour Trambouze. Fin d'une année ubuesque. Il y a d'abord eu la démission de son adjoint, Didier Delaunay, dès le mois de juin. Ce dernier dénonçait notamment les « méthodes de travail inexistantes » du maire. Plus que tout, les anciens colistiers de la liste Quinze pour Vielle-Saint-Girons ne se supportaient déjà plus. Très vite, trois autres futurs ex-partenaires allaient s'opposer au maire. Mireille Ferreira, Béatrice Saubion (qui l'attaquera même en diffamation) et Jean-Pierre Maubourguet. Tous trois fustigent une personnalité autocratique, un dialogue impossible. En réponse, leur cible préfère voir dans ces assauts l'échec d'une stratégie : « Je ne devais pas me retrouver devant, mais on m'y a mis et j'ai été élu. Ils pensaient me manipuler comme une marionnette, mais ça n'a pas marché. » Bernard Trambouze retirera leurs délégations d'adjoints aux trois contestataires. Les voilà officiellement dans l'opposition. Et le premier magistrat tisse une majorité imprévue avec les cinq élus initialement d'opposition. Si, si. Jusqu'à ce que ces derniers démissionnent à la mi-janvier 2009 et provoquent l'élection partielle de dimanche. La suite est désormais connue. Jusqu'au prochain rebondissement ?

Auteur : pierre penin
p.penin@sudouest.com


(photo Philippe Salvat) : Bernard Trambouze dispose désormais d'une nouvelle majorité.

16.03.2009

Dax : Gabriel Bellocq face aux lecteurs de "Sud Ouest"

Municipales, un an après/DAX. Face à trois de nos lecteurs, Gabriel Bellocq a évoqué sa première année de mandat sans éluder un seul sujet. Des impôts locaux à l'avenir du thermalisme

 

« Accor : c'est le dossier prioritaire »

bellocq-lecteur.jpg« Sud Ouest ». Un an après votre élection, les premières critiques arrivent. En particulier sur la hausse des impôts locaux...

Gabriel Bellocq. Je suis comme tout le monde, je suis citoyen avant d'être maire. Et à ce titre-là, je paye des impôts et je ne suis pas indifférent à la situation de nos concitoyens. Je sais que la conjoncture est dure. Et j'aimerais moi aussi dire je n'augmente pas les impôts. Mais quand nous avons été élus en mars dernier, l'encours de la dette réelle était de 51 millions d'euros. Autrement dit, une situation catastrophique.

« SO ». C'est cette situation qui explique cette hausse de 17 % ?

Nous avons été dans l'impossibilité de continuer à emprunter parce que sinon la ville de Dax partait droit dans le mur. Et nous aurions été mis sous tutelle par l'État. Alors, nous avons pris la décision de ne pas voter d'emprunt et d'alléger la dette. Nous sommes parvenus à ce que les terrains de la rue Pascal-Laffite, acquis par mon prédécesseur 8 jours avant les élections pour 6,5 millions d'euros, soient pris en charge financièrement par un syndicat mixte. Nous avons donc réduit d'emblée cette charge de 6,5 millions d'euros. Mais même si nous avons réduit la dette à 43 millions d'euros, elle n'en demeure pas moins très élevée.

« SO ». Que dites-vous aux Dacquois, dont la taxe d'habitation va augmenter ?

En 2008, le taux de la taxe d'habitation à Dax était de 18,5 %, il était de 18,89 à Mont-de-Marsan, de 26,18 à Bayonne, de 19,34 à Biarritz. Et en 2009, quand je prends toutes les villes d'Aquitaine, je peux vous dire que nous avons encore le taux de taxe d'habitation le plus faible de toutes les villes de 20 000 à 50 000 habitants. En fait, nous rattrapons ce qui n'a pas été fait pendant douze ans pour des raisons purement démagogiques et électoralistes. Et en réalité en faisant un rattrapage, nous sommes encore aujourd'hui en dessous de ce qu'aurait été simplement le suivi de l'inflation tout au long des années écoulées.

Christiane Vaigot. Il n'y aura donc pas de « cagnotte » ?

C'est le fantasme de M. Forté qui dit un peu n'importe quoi. Mais je voudrais dire que si la situation financière est catastrophique, je vous invite à voir l'état des bâtiments communaux parce que la piscine a été fermée pour des raisons de sécurité, le jaï alaï est dans un état de vétusté que l'on connaît et la tempête n'a rien arrangé, les équipements sportifs que sont ceux du stade Maurice-Boyau, ceux du Gond demandent des investissements importants, les crèches méritent des travaux importants, les établissements pour personnes âgées dépendantes : depuis cinq ans, la ville a des injonctions de remises en état par les organismes de tutelle...

« SO ». Qu'est-ce qui a été fait en 2008 ?

Déjà en mars dernier, il y avait un gros problème au Foyer des jeunes travailleurs. Les relations entre la Ville et la CAF étaient au bord de la rupture. En moins de six mois, nous avons négocié la possibilité de reloger le FJT rue André-Malraux dans ce qui était une résidence universitaire vidée de ses occupants. Les jeunes travailleurs ont été relogés et nous avons fait passer la capacité d'accueil à 60 places. Ce faisant, nous avons libéré des espaces avenue Victor-Hugo que nous allons réhabiliter, et agrandir la crèche qui va passer de 80 à 100 places et nous allons installer un pôle enfance famille. Là, les choses sont lancées. Les travaux débuteront en septembre. Dans le même temps, nous lancerons les travaux de la crèche du bord de l'Adour.

Philippe Rouaud. D'autres projets sont en cours ?

Nous avons entrepris le chantier de l'avenue Saint-Vincent-de-Paul, nous avons lancé une réflexion pour l'aménagement du coeur de ville et nous avons amorcé des discussions avec l'ensemble des commerçants des Halles et du marché couvert - pour repenser l'aménagement des trois marchés de Dax - et des discussions avec les associations de commerçants pour redynamiser le centre-ville. Aujourd'hui, tous les dossiers ont été abordés. Y compris la question des terrains Darrigade, car ce n'est pas seulement la question financière qui a été résolue mais c'est aussi son devenir. Ça n'est pas tombé du ciel, la possibilité de créer sur cet espace un pôle technologique qui accueillera en particulier le centre Héliléo, une entreprise qui va se destiner aux applications du GPS européen Galiléo. Et en même temps, nous développerons autour un pôle d'habitat avec accession sociale à la propriété et un pôle locatif.

« SO ». Pendant votre campagne, vous avez évoqué les difficultés du commerce local...

Le commerce dacquois souffre depuis plusieurs années, je suis persuadé qu'il faut se battre pour retrouver une attractivité. Mais il faut pour redynamiser le commerce régler le problème du stationnement. Ce sera repensé dans le cadre de l'opération Coeur de ville. Deux projets majeurs sont à considérer : la création de parkings relais gratuits reliant le centre-ville par des navettes gratuites - nous avons commencé avec la place de la Chalosse -et nous avons la volonté de créer un parking souterrain en centre-ville. Sur ce point, le cabinet d'études sera retenu en avril. Enfin, il faudra aussi trouver une solution pour le stationnement longue durée des curistes. Par exemple, les commerçants nous demandent de revenir sur la gratuité du parking des berges de l'Adour occupé pour la plupart par des voitures ventouses, généralement de curistes, qui ne bougent pas pendant des semaines.

« SO ». Accor a été condamné à payer 3,6 millions d'euros à la Compagnie thermale de Dax. Certains estiment que ce n'est pas cher payé...

Chacun peut penser que c'est trop ou pas assez. L'appréciation est libre. Moi je compare avec un divorce. Dans un divorce, il y a deux parties qui s'opposent et puis le juge déclare la date de rupture, pour Accor c'est le 31 décembre 2009. Alors, c'est trop tôt, c'est trop tard : c'est la décision du juge et elle s'impose. Dans un divorce, le juge fixe la pension alimentaire, selon qu'on la reçoive ou qu'on la paye, l'appréciation peut être différente. Mais elle s'impose. Dans le cas du procès avec Accor, cette « pension » a été fixée à 3,6 millions d'euros, c'est une décision de justice. Et je trouve étonnant qu'aujourd'hui certains fassent des commentaires et trouvent que ce n'est pas assez. Moi je constate que la ville a tenu une position de défense de ses intérêts. Et cette position a finalement été heureuse et bénéfique puisque nous avons gagné ce procès.

« SO ». Pour autant, allez-vous faire appel ?

Je ne peux pas trop parler parce que les deux parties ont jusqu'au 26 mars pour faire appel. Ceci étant, quand les conclusions seront connues, je me réserve le droit de faire un certain nombre de commentaires parce qu'il ne faudrait pas continuer à dire n'importe quoi pour se dédouaner de ses responsabilités.

Philippe Rouaud. Avez-vous des repreneurs ?

Sur ce point, la piste consiste à rechercher un ou des repreneurs, étant entendu que tous les contacts, locaux et nationaux, que j'ai eus jusqu'à présent aboutissent à cette conclusion : à quelles conditions ?

« SO ». En clair, la discussion portera sur le montant des loyers ?

Aujourd'hui la CTD perçoit un loyer de 2 millions d'euros. Et en réalité, ce loyer permet seulement de couvrir les annuités de remboursement d'emprunt de la CTD. Donc la contrainte majeure, elle est là : trouverons-nous un ou des repreneurs en capacité de payer un loyer à ce niveau là ?

« SO ». Est-ce à dire que le prix du loyer ne sera pas négociable ?

Ça veut dire que c'est une contrainte. La CTD n'a pas aujourd'hui une trésorerie suffisante pour assurer le remboursement de ses emprunts. Et il est clair que la situation financière de la CTD ne lui permet pas de faire moins que de rembourser ses emprunts et donc d'avoir des recettes à hauteur de ce minimum vital pour elle. La situation des hôtels Accor est le principal dossier de la ville. C'est la raison pour laquelle j'ai dit que ma priorité était le maintien de l'emploi. Si, entre le 26 mars et le 31 décembre, nous n'avons pas abouti, la CTD reprendra directement la gestion des hôtels. Mais il y aura une compétitivité à améliorer puisque de tous les hôtels de la ville, ceux de la Thermale de France sont ceux qui connaissent la baisse la plus forte. Comment se fait-il que les autres hôtels connaissent une progression, certes modérée, et que la Thermale de France connaisse une régression. Il y a des questions à se poser.

« SO ». Jacques Forté nous a indiqué qu'avant sa défaite, il était en contact avec un grand groupe qui projetait de construire un cinq étoiles à côté du futur golf. Selon lui, cet hôtelier aurait pu prendre la suite d'Accor. Êtes-vous au courant ?

Il ne changera pas. C'est toujours les paroles d'esbroufe, les mensonges et si jamais il avait des repreneurs de ce niveau surtout qu'il nous les propose s'il veut rendre un service de dernière heure à la ville... Ceci dit, je n'accorde pas plus d'intérêts à ses propos, je le connais trop bien et les Dacquois l'ont jugé et puis même sil vous revoit chez son avocat, je pense qu'il n'y aura pas de jugement d'appel...

Christiane Vaigot. Quelles sont vos relations avec l'opposition ?

L'opposition municipale est ce qu'elle est. Le débat n'est pas à la hauteur de ce que je souhaiterais. Le climat n'est pas non plus ce que j'attends. Pourtant, je crois à l'intérêt d'une opposition. Elle est là pour relever des erreurs, faire des critiques et des propositions et à ce jour, il n'y a pas eu une seule proposition. Le débat est médiocre. Mais ce n'est pas vers ça que je me laisserai entraîner. J'ai été élu avec la volonté d'apaiser le climat dans cette ville, de renouer des échanges normaux entre les Dacquois, entre les sensibilités politiques. Et lorsqu'il s'est agi de désigner des représentants dans les commissions des fêtes, j'ai désigné des gens dont je sais bien qu'ils ne partagent pas ma sensibilité politique, et certains étaient même sur des listes adverses. Mais ils ont des qualités et des compétences et moi je pense qu'une ville doit s'enrichir de sa diversité et de ses compétences.

Dominique Villenave. Que comptez-vous faire pour la fibromyalgie ?

La station thermale de Dax connaît une baisse de sa fréquentation de 2 à 3 % par an. Aujourd'hui, nous sommes à moins de 50 000 curistes. Il y a à cela de multiples raisons. Mais les professionnels du thermalisme et la Ville ont décidé de s'impliquer à fond sur cette indication qu'est la fibromyalgie. Il y a entre 600 000 et 3 millions de personnes atteintes. C'est un vrai problème de santé publique et il y a une clientèle potentielle importante. Si on prenait 1 % de cette clientèle, on dépasserait les 50 000 curistes.

Dominique Villenave. Y a-t-il des investissements prévus dans ce domaine ?

Le traitement relève des établissements de soins et un certain nombre d'entre eux se sont engagés de façon très volontariste sur la fibromyalgie. Ils s'y mettent tous et ont développé des équipements supplémentaires et engagé une formation spécifique pour le personnel. Car les fibromyalgiques demandent une écoute particulière. La Ville, de son côté, est concernée par les équipements extérieurs. Nous avons engagé un programme d'investissement de 60 0000 euros pour un parcours santé dont la première tranche sera inaugurée en avril et qui se situera vers le lac de Lestey. Donc dès le mois prochain, vous aurez un parcours santé destiné aux fibromyal-giques.

Philippe Rouaud. Êtes-vous déjà candidat pour un second mandat ?

La fonction que j'exerce depuis un an est très lourde. J'y consacre 12 à 14 h par jour. C'est du non-stop. En même temps, je l'ai souhaité. J'ai pour volonté exclusive de servir ma ville, je vais m'y consacrer durant tout ce mandat et puis on verra...

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Ambiance. Tout le monde était à l'heure et même un peu en avance. Le maire est arrivé seulement accompagné de quelques documents sur les finances et notamment des comparatifs avec d'autres villes de la région.

Les trois lecteurs avaient, quant à eux, des questions très précises les concernant directement, comme Christiane Vaigot, victime de la fybromyalgie. Tous avaient soigneusement préparé une partie de leurs questions par écrit. « Mais on en avait encore 1 000 autres à poser ! » ont-ils estimé à la fin. L'entretien qui devait durer une heure et demie s'est poursuivi une vingtaine de minutes encore autour d'un verre. À cet instant, il a surtout été question du match de l'USD face à Bayonne.

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LA QUESTION QUI AURAIT PU FÂCHER

êtes-vous un maire de gauche ? « Je suis le maire de tous les Dacquois et je m'efforce de le démontrer. Je pense être quelqu'un de tolérant. J'ai des convictions politiques, elles sont connues de tous, je suis attaché à des valeurs humanistes, de solidarité, que l'on qualifie plutôt de gauche, mais je constate souvent que ces mêmes valeurs sont portées aussi par des gens qui ne sont pas de la même sensibilité que moi... Quand par exemple, je défends le dossier des logements sociaux, on dit : « Bellocq fait ça parce qu'il est de gauche ! » Non. Je le fais parce que c'est un besoin à Dax. Et ce n'est pas une question de droite ou de gauche. On pourrait dire la même chose dans d'autres domaines comme la culture, le sport etc. Si l'on travaille sur un projet de rénovation du stade Maurice-Boyau, ce n'est pas un projet de gauche ou de droite... Mon prédécesseur s'était isolé derrière ces remparts. Moi, je travaille pour tous les Dacquois, avec tout le monde, et en harmonie avec la Communauté d'agglomération du Grand Dax, le Conseil général et je peux vous assurer qu'avec le Grand Dax comme avec le département, il n'y a pas de passe-droit. On monte les dossiers le mieux possible et on fait en sorte que ces dossiers soient recevables auprès de ces deux institutions... »

Auteur : Propos recueillis par jefferson desport et didier piganeau
photo loïc dequier

14.03.2009

Biscarrosse, un an après les municipales

BISCARROSSE. Le maire UMP a été élu dans un fauteuil au poste de conseiller général et réélu dans sa commune. Il y est confronté à une opposition rajeunie et plus virulente

 

Dudon et l'opposition double

dudon.jpg«Je m'étais promis que si je faisais un deuxième mandat, ce serait plus sympa que le premier. Eh bien c'est perdu. » Alain Dudon dit ça avec le sourire mais il est évident qu'il en a gros sur le coeur. « Ça rend la gestion plus difficile. » Et le maire de lister les catastrophes survenues à sa commune depuis qu'il est aux manettes. Une marée noire, deux tempêtes fin 2002 et en juillet 2003 rien que pour le premier mandat. La salle polyvalente partie en fumée en septembre dernier et la tempête de fin janvier pour le début du second. « Ces deux événements vont durablement orienter la politique communale. Peut-être durant la totalité du mandat », analyse Hélène Larrezet qui mène l'opposition centriste. Quoi qu'il arrive, Klaus va priver la commune de 200 000 à 400 000 euros annuels de revenus forestiers. Il faudra faire avec cette perte sèche plusieurs années durant. « Le maire rebondit » En revanche, l'incendie de la salle polyvalente va avoir ce que Patrick Dorville appelle des bénéfices secondaires. En lieu et place du bâtiment incendié verra le jour un complexe polyvalent regroupant une salle dédiée à la culture et une autre dédiée aux sports. « Le maire rebondit sur notre projet », explique le chef de file de l'opposition socialiste. « On ne peut pas lui reprocher vu que c'était dans notre programme tout comme d'ailleurs la réflexion engagée sur les transports. » Hélène Larrezet est également satisfaite de ce choix d'espace polyvalent. « Il y avait nécessité à faire vite, on a aussi fait le bon choix. » Ce projet devient du coup le projet phare au moins de la première partie de la mandature. « Du coup la médiathèque est ajournée », explique Alain Dudon. « Le complexe polyvalent n'était pas prévu mais l'opportunité valait d'être saisie. En séparant culture et sport, on va bénéficier de davantage de subventions. » À près de 5 millions d'euros le projet, elles seront bienvenues. En conséquence, c'est le réaménagement du sud du centre-ville, autour du futur complexe, qui devient prioritaire au détriment du centre où devait s'implanter la médiathèque. Tensions initiales Autre satisfaction pour l'opposition Modem, la révision du réaménagement de l'avenue de la République, la route d'Arcachon. « On a été entendus. » Au delà, la mère de famille reconnaît que « le maire fait des efforts même s'il prend sur lui ». Voilà donc des terrains d'entente entre la majorité et ses deux oppositions. C'est assez nouveau puisque les premiers mois de la mandature ont été mouvementés. « Il y a eu de la tension », livre Larrezet. Dorville va plus loin. « Le maire nous a tenus comme responsables de ses ennuis judiciaires parce que Junca et moi avions signé un article dans Biscaxiome. Durant six mois, on a senti chez lui une vraie volonté de régler des comptes. » « Ma gestion étant très difficile à attaquer, ce n'est pas le maire mais la personne qui a été visée », estime Dudon. « L'idée véhiculée auprès des Biscarrossais, c'était ''ce maire n'est pas celui que vous pensez''.» À l'arrivée, tous les protagonistes des affaires judiciaires ont été condamnés (lire ci-contre). « Il n'y a pas eu d'inégibilité comme certains l'espéraient mais j'en sors avec une balafre. » Le paroxysme a été atteint lors d'une séance de Conseil municipal en juillet dernier que l'opposition socialiste « lassée d'être fustigée » a quittée. « Après tout, les jugements ont confirmé les accusations portées contre le maire. » Plus les mêmes Ces tensions initiales auront eu pour effet que ni le Modem, ni le PS biscarrossais ne sont représentés au comité technique paritaire, ni à la Communauté de communes de Grands lacs. Une situation que Dorville estime « très dommageable ». Si elle est présidée par le Parentissois Philippe Aliotti, le leader socialiste annonce que « c'est le conseiller général qui tient les manettes ». Et le conseiller général, c'est Alain Dudon (1). « Je n'ai plus la même opposition qu'au mandat précédent avec Junca et Allimant avec qui on se connaissait depuis longtemps », reconnaît le maire. « Elle est rajeunie et féminisée. Elle est plus offensive aussi. Avec Larrezet, c'est à coups de patte, c'est tactique. Avec Dorville, c'est plus politique, plus stratégique. » Et les deux opposants, ils s'entendent comment ? « Nos relations sont cordiales » dit le socialiste. « Nos vies sont assez identiques et on a la même préoccupation de défendre la veuve et l'orphelin. » « Il a la fraîcheur d'un nouvel élu », lâche la centriste. « On se rejoint sur un certain nombre de points. » Pas quand même de quoi faire liste commune la prochaine fois. Et contre qui d'ailleurs ? « Pour un troisième mandat de maire, je ne sais pas. C'est quand même beaucoup de boulot », livre Dudon. « En revanche, je pense que je repartirai pour le Conseil général. » (1) C'est le premier mandat d'Alain Dudon en tant que conseiller général du canton de Parentis. Avec 66 % des voix, il a écrasé le sortant socialiste Paul Grimberg. Auteur : jean-françois renaut
jf.renaut@sudouest.com
Photo Nicolas Le Lièvre

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