29.04.2009

Reportage du mois : Les communes forestières des Landes

COMMUNES FORESTIÈRES. L'instauration du code forestier a divisé la forêt publique entre partisans et adversaires du « régime ». Et cela fait 60 ans que cela dure

Plus d'un siècle de débats dans les communaux

f40abe6752.jpgOn s'est rendu compte, la semaine dernière, des tensions existant dans la forêt landaise publique. Il y a les communes qui sont soumises au régime forestier, celles qui n'y sont pas soumises, ou pour une partie seulement de leur territoire, l'administration et l'ONF (Office national des forêts). Un débat présent depuis plus d'un siècle dans le massif, et si l'on en croit les positions prises dernièrement par les unes et les autres, qui n'est pas près de se calmer. En fait, il n'a quasiment jamais cessé depuis 60 ans.Tout remonte à 1827 exactement, année de naissance du code forestier national, qui s'applique à toutes les forêts communales. Aucun problème à l'époque dans le massif landais, puisqu'il n'existait pas encore. Ce n'est en effet qu'en 1857 que le décret de l'empereur Napoléon III demande aux mairies de boiser les vacants communaux, obligeant même la plupart d'entre elles à céder des biens pour en avoir les moyens financiers. Ce qui a contribué à la création d'immenses propriétés privées, mais aussi à l'apparition des forêts communales landaises. Du coup, les communes qui ont des forêts qui doivent donc, d'après la loi, appliquer le code forestier. Mais elles s'y opposent en majorité, avec raison, car à l'époque la première production de ces pins était la résine, et non le bois. Et elles n'avaient donc pas à être gérées en fonction de la culture des pins. Vichy veut imposer sa vision Cela tiendra jusqu'à Vichy, dont le régime, en 1940, considère que c'est pour elles une obligation et qu'il n'y a pas à discuter. À l'époque les Landais, comme tous les Français, ont d'autres préoccupations. Mais après la fin de la guerre débute une période de grands incendies. On se rend alors compte que l'État n'a pas dégagé de moyens suffisants pour gérer correctement la forêt ni lutter contre le feu. Début d'un grand combat à l'Assemblée nationale, où le député landais Charles Lamarque-Cando joue un rôle important, pour laisser aux communes le soin de décider elles-mêmes si elles veulent ou non de ce fameux régime. Une période tendue où les conseils municipaux doivent délibérer sur ce choix de se distraire de ce régime, et redélibérer encore quand le préfet refuse de se rendre à leurs arguments, malgré les arrêtés du ministre de l'Agriculture. C'est ainsi que par exemple, à Luxey, on trouve en date de février 1947 une délibération des élus refusant « catégoriquement » cette soumission, notamment parce que « le Conseil municipal, composé de membres connaissant à fond le travail et la conduite de la forêt, n'a rien à attendre des employés de l'administration ». Une phrase qui ressemble beaucoup aux considérations d'élus d'aujourd'hui, déclarant avec conviction que leur « forêt ne sera pas commandée par les képis », allusion maintes fois prononcée à l'encontre de l'ONF (voir ci-dessous). Les élus luxeyois devront s'y prendre à plusieurs reprises, menaçant même de démissionner (mai 1950, janvier 1951), pour finir par obtenir satisfaction. D'autres communes, comme Mézos, obtiennent dès juillet 1948 cette distraction du régime forestier tant désirée. Le combat continue Aujourd'hui, le combat continue, bien que les tempêtes de 1999 et 2009 aient quelque peu fait évoluer la situation. Il y a dix ans, l'administration avait déjà brandi cette menace de ne pas débloquer d'aides pour les communes. Mais il s'agissait à l'époque uniquement d'aides au reboisement. Les Landais, moins touchés que le Médoc, n'en avaient pas eu trop besoin. Les Girondins, après quelques remous, avaient fini par appliquer le fameux régime. Le conflit récent entre communes soumises et non soumises - déjà le terme choisi pose problème - est né parce que l'administration a pondu une circulaire demandant de passer à ce régime pour bénéficier des aides au stockage et au transport, un document qui a bien failli mettre le feu. Aujourd'hui, préfet des Landes et ministre de l'Agriculture ont fait un pas en arrière, afin que les aides puissent profiter à toute la forêt abattue, quel que soit le régime de la commune. La priorité est maintenant de nettoyer tout cela, afin de faire disparaître au plus vite les traces de la tempête. La replantation, ce sera pour plus tard, et pour cela toute la forêt, publique comme privée, attend un geste de l'État. Les sylviculteurs et « l'arbre menteur » Le syndicat des sylviculteurs dénonce «l'arbre menteur» , symbole utilisé sur la dune du Pyla ou ailleurs en France pour «exploiter l'émotion» née de la tempête. Demandant au public de ne pas se laisser abuser par ces procédés, il affirme : « seuls les forestiers savent planter les arbres. » _____________________________

Les contraintes et les avantages du régime forestier

9235920_01.jpgLe régime forestier est mis en oeuvre par l'ONF (Office national des forêts), service public pour l'ensemble des collectivités publiques propriétaires de forêts. Il préserve, à long terme, le patrimoine forestier et les intérêts des générations futures dans le cadre d'une gestion durable. La Fédération nationale des communes forestières et l'ONF ont d'ailleurs signé une charte de la forêt communale, régulièrement actualisée, définissant les rapports partenariaux entre les deux parties. De plus, un contrat de plan a été signé entre les deux parties et l'État pour garantir son financement jusqu'en 2011.

« Au sujet du coût, explique François Bonnet, directeur de l'ONF pour le Sud-Ouest, il faut savoir de quoi on parle. La mise en oeuvre du régime forestier coûte à la collectivité locale 9,95 % HT, (soit 12 % TTC) des ventes de bois. Mais cette contribution, nommée « frais de garderie », ne comprend pas que la vente des coupes, elle englobe toute la gestion de la forêt ». Les travaux à effectuer tout au long de l'année dans toutes les parcelles sont prévus par l'Office, qui ensuite demande l'aval du conseil municipal, seul décideur. De même que pour les coupes et les ventes.

Car, que les forêts soient au régime forestier ou non, les défrichements sont soumis à autorisation du représentant de l'État. En revanche, dans les forêts sous régime forestier, l'instruction des dossiers de défrichement est à la charge de l'ONF. Pour leur part, les forêts privées sont, depuis 1963, elles aussi soumises à des obligations de gestion durable, avec un plan de gestion et un régime d'autorisation des coupes.

Quant au reste du financement du régime forestier, il est assuré par le « versement compensateur » payé par l'État, qui en 2008 était au niveau national de 120 millions d'euros. Un dispositif basé sur les principes de solidarité nationale entre la nation et chaque collectivité forestière, quel que soit son potentiel économique et financier. Pour leur part, les communes forestières françaises ont contribué à la hauteur de 25 millions.

Pour les coupes, les ventes sont groupées pour une mise en concurrence, l'ONF apportant une sécurité juridique aux contrats de vente de bois, dont il est garant. Vendeur légal, seul responsable vis-à-vis des acheteurs, il se charge aussi du contentieux. Enfin, tout le système est basé sur un principe de solidarité dans le temps. Les années où la commune ne génère pas de vente de bois et ne paye pas de frais de garderie, elle continue à bénéficier du service.

De gigantesques aires de stockage fleurissent le long de la RN 134, comme ici aux abords de Garein. (Photo Nicolas Le Lièvre)

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Le service public et ses exigences

Tout le massif a entendu les appels des forestiers demandant des aides à la collectivité pour dégager les 37 millions de m3 abattus par Klaus.

Dans les communes, chacun a bien sûr besoin de vendre au meilleur prix et d'avoir un coût de gestion le plus faible possible. D'où ce rejet par les élus du fameux régime forestier, qui coûte plus cher que la gestion privée. Ce qui est logique, chaque maire étant près des deniers de sa collectivité.

Mais il est tout aussi logique, comme le fait le président du Conseil général, d'exprimer au ministre son « désaccord face à la réorganisation des services de l'ONF prévue par l'État, alors que la situation exige un renforcement des moyens au plus près des collectivités landaises ». On ne peut d'un côté dénoncer le régime forestier parce qu'il coûte trop cher et rend la commune trop dépendante de l'administration, et de l'autre réclamer à cor et à cri le maintien de ce fameux service public à la française, auquel les élus tiennent tant. Ou comment concilier le service collectif avec l'équilibre budgétaire de chaque commune.

La Cafsa présente son «plan Klaus»

Même si les aides et les projets retenus tardent à être activés, les travaux dans le massif ont déjà largement commencé. Notamment à la Cafsa (Coopérative agricole et forestière sud-atlantique), dont la section landaise compte 6 672 adhérents (ce qui représente selon ses comptages 550 000 hectares de pins). Après la tempête Klaus, la coopérative s'est engagée à traiter l'ensemble des chablis de ses adhérents dans les quatre ans et de reconstituer leur massif en six ans.

« Nous allons donner la priorité à nos adhérents ayant des programmes réguliers de travaux et de coupes, dit Christian Dubertrand, directeur de la Cafsa. Avec trois principes : en premier les gros bois, puis les bois moyens ; les volis et les arbres penchés (de moins bonne qualité ou moins sujets à être atteints par la maladie) ne pressent pas ; enfin, il y a nécessité de dégager l'ensemble des bois sur une parcelle donnée pour pouvoir reconstituer. »

Concrètement, la Cafsa espère écouler 700 000 tonnes de bois sur le marché local cette année (pour 1 million de tonnes en année normale), compte tenu du fait que l'outil industriel ne tourne qu'à 70% de sa capacité. Les possibilités d'exportation hors de la zone étant estimées à 400 000 tonnes.

1,2 million de tonnes stocké

Mais un des volets importants de ce « plan Klaus » est constitué par le stockage de conservation, pour lequel la Cafsa s'engage sur un volume de 1 200 000 tonnes : 600 000 tonnes de bois de qualité menuiserie, 400 000 de caissage et 200 000 de bois d'industrie. Pour y parvenir, cinq aires de stockage sont en cours d'installation, à proximité des 22 industriels locaux avec qui la coop a contractualisé : il y a trois sites dans les Landes, Commensacq, Uchacq-et-Parentis et Rion-des-Landes, et deux en Gironde, Le Barp et Marcheprime. « Par exemple, le site d'Uchacq (30 hectares, 300 000 m3) est réalisé en accord avec les sociétés La Montoise du bois, Beyria et Sogybois à Ygos, Miremont et Labadie à Roquefort », explique M. Dubertrand. Ces investissements lourds (9 millions au total pour cinq aires) sont réalisés en partenariat avec le GPBS (Groupement de producteurs des bois du Sud), avec bien sûr des aides venant de l'État et des collectivités territoriales.

Pour financer le stockage, il faudra 48 millions d'euros, en principe couverts par les prêts bonifiés proposés par le ministre, Michel Barnier. L'organisation de chaque site (infrastructure, arrosage, pesée, informatique) devra être au point, puisque pas moins de cent rotations de camions par jour sont prévues. Pour sortir les bois des forêts, le calcul doit également être serré, pour ne pas perdre de temps et limiter au maximum les coûts du transport. « Il faut insister là-dessus, explique le directeur, regrouper au maximum les propriétés, afin de ne pas déplacer une machine pour de trop petites surfaces. »

Le massif a perdu 1 milliard

Tout cela pour dire qu'au final, ces forestiers y croient. « Nous ne nous voilons pas la face, explique Henri de Cerval, président de la Cafsa. La tempête Klaus a fait perdre entre 800 millions et un milliard d'euros au monde sylvicole. Il nous faut maintenant ramener cette somme au massif, d'une manière ou d'une autre, sinon il n'y aura plus de forêt. La moitié a été obtenue en subventions et aides, pour nettoyer, reboiser et indemniser les propriétaires. Pour la moitié qui manque, il va falloir valoriser les bois au meilleur prix. Et sans doute aussi compter sur une aide complémentaire de l'État.»

Quant aux prix circulant actuellement sur le marché, qui inquiètent beaucoup, le président met en garde. « Il ne faut pas s'arrêter seulement aux prix proposés en bord de route, mais raisonner globalement, à l'échelle du massif, en se disant que c'est tous ensemble que les sylviculteurs s'en sortiront. »

 

Auteur : jean-louis hugon
jl.hugon@sudouest.com

07.04.2009

Soustons : Des tulipes par milliers (5 avril 2009)

PHOTOS Jean-Marc FLIPO

 



[myginpage=tulipes]

Malgré l'édition sabbatique de l'an dernier, la foule a bien répondu au rendez-vous du corso de la Fête de la Tulipe.
L
a locomotive de la randonnée pédestre crachotait sa fumée en tirant les wagons des chars associatifs.
L'école de rugby présentait une phase de jeu fleuri, suivie d'un exercice bien réel des jeunes sportifs.
La classe 2009 jouait dans le même ton avec sa coupe géante aux côtés d'un podium.
Le quartier Mora planait dans son ULM aile delta déployée.
L'ADMR flirtait de la carte sentimentale en présentant sa bague de fiançailles dans son écrin.
Une autre classe, la jeunette de 2010, étalait sa gourmandise avouée avec une sucette faisant la pige à un carambar à même de satisfaire toute la petite troupe.
Aux traditionnelles bandas s'étaient ralliés des groupes inédits et actifs. Les "grandes personnes", des géants astucieusement animés, prenaient de l'altitude dans l'immense défilé. La capoeira, art martial afro-brésilien, rythmaient des musiciens percutants.
L'association des commerçants et artisans fricassait son frichti dans un faitout démesuré.
Les handicapés du Foyer Lestang, vêtus de tenues d'apparat africaines, escortaient leur baobab fleuri.
Les Pitchouns paradaient dans leur bateau, de concert avec des dauphins bondissant hors des flots humains.
Les coureurs d'orientation et les randonneurs cyclistes misaient char commun, avec roue et boussole, histoire de ne pas s'égarer.
Los gascons anticipaient les prochaines vacances scolaires en exhibant un gros cartable lourd de savoirs occitans.
Le Comité des Fêtes s'inscrivait déjà dans les festivités estivales avec une scène tauromachique.
Les gymnastes symbolisaient les énergies renouvelables par des panneaux solaires et une éolienne.
Des résidentes des logements-foyers regardaient la foule derrière de grandes tentures diaphanes.
L'Harmonie municipale clôturait le corso dans un char grand gabarit orchestré par le club de badminton.
Un défilé de vielles voitures avait ouvert l'après-midi coloré de tulipes.
Belles d'hier précédant de belles éphémères.

06.04.2009

Fêtes de la Madeleine : « Une feria à la montoise »

DU VENDREDI 17 AU MARDI 21 JUILLET. Le président de la commission taurine jubile

« Une feria à la montoise »

prepa-feria-1.jpgPour sa première Madeleine à la tête de la commission taurine de la régie des fêtes et avec Marie Sara comme nouvelle mandataire en lieu et place d'Oscar Chopera, Guillaume François a réussi un coup quasi parfait. Des coups quasi parfaits.

L'avocat de profession reste néanmoins sobre quand il s'agit de commenter la composition des cartels et le boulot fourni pour les confectionner.

« Je suis content parce que les gens sont contents. Contents et fiers aussi je crois. » Les applaudissements rythmant l'annonce des cartels et les commentaires à l'issue accréditent ce sentiment. « On a tout mis, tout ce qu'on avait dans les tripes, dans le coeur, dans la tête pour que Mont-de-Marsan retrouve sa place. » Sans que le budget explose. « Il est légèrement supérieur à celui de l'an passé. »

« Après cette période d'appel d'offres où le milieu espagnol observait, il a fallu fournir un gros travail. » Un travail avec de nouvelles méthodes entamé « il y a très, très longtemps ». Mais achevé suffisamment tôt pour devancer Dax et Bayonne au moment de rendre publics les cartels. Le sourire du président François en dit lon. Avoir été plus rapide que les voisins n'est pas un détail.

Avant Dax et Bayonne

« C'est bien de sortir les cartels avant les autres, de les sortir le plus tôt possible pour que les gens aient envie de s'abonner et de se réabonner chez nous. » C'est dit sans acrimonie aucune. « J'espère que les Bayonnais comme les Dacquois et les Vicois auront une bonne feria. Le succès des uns amène le succès des autres. Je crois par exemple que l'indulto de Desgarbado à Dax l'an passé va nous amener du monde cette année le jour des Victoriano del Rio. »

Ces cartels de la Madeleine 2009, Guillaume François les résume en trois points : Mont-de-Marsan sera plaza de toros, de figuras et de gestes.

Les toros : « On a voulu rejouer dans la cour des grands sans perdre ce que nous sommes. C'est une feria cohérente, homogène, ambitieuse qui respecte notre identité. Ce n'est pas une feria à la Nîmoise comme certains l'annonçaient par avance. C'est une feria à la Montoise. On ne se contente pas de proposer cinq ganaderias phares. Les lots qui seront présentés sont tous du premier tiers. » C'est la crème, pas des rogatons biscornus grattés dans des fonds de tiroirs.

Les hommes : « Mis à part José Tomas et Morante de la Puebla, on a toutes les figuras. Tous les triomphateurs de la temporada 2008 et on espère ceux de la temporada 2009. »

Des gestes forts

Les gestes : « El Juli qui prend les La Quinta. Il ne l'a fait qu'une fois, l'année dernière à Bilbao pour ses dix ans d'alternative et il accepte de partager l'affiche avec El Fundi. Pareil pour Ponce qui prendra les Samuel Flores avec El Cid et qui se présente comme ganadero pour la première fois en France.

Pour les Fuente Ymbro, c'est un lot pour Pampelune que nous avons réussi à avoir, un lot qui peut sortir dans toutes les arènes très toristes. Chez La Quinta, il y avait quatre lots, on en verra un à Mont-de-Marsan. »

Ces cartels sont possibles « parce que l'image de Mont-de-Marsan s'est modifiée depuis l'an passé ». « L'état d'esprit a changé et une alchimie a pris. » L'entregent de Simon Casas a servi aussi.

Le seul regret de Guillaume François : n'avoir pas sept courses comme les voisins de Dax ou de Bayonne. « Cela nous a obligés à trancher, à faire des choix parfois difficiles. »

 

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Du jamais vu depuis 20 ans

Trouver quelqu'un ayant à redire sur la composition des cartels de la Madeleine 2009 relève de la mission impossible. Samedi, la présentation faite et l'apéritif débutant sous un soleil espéré à défaut d'être programmé, les commentaires étaient unanimes. « C'est du très bon. Sans doute du jamais vu depuis 20 ans. »

Robert Soldevilla, qui en a pourtant vu d'autres, ne dit pas autre chose. « C'est superbe, se réjouit l'ancien alguazil du Plumaçon. Les arènes vont se remplir de nouveau. J'y serai aussi. Merci à Marie Sara et Simon Casas. »

Le second n'était d'ailleurs pas là samedi, laissant à sa coéquipière le soin d'assurer seule la présentation des cartels de sa première feria. Décontractée, la jeune femme s'est acquittée de la tâche avec décontraction et bonne humeur.

Il y avait pourtant de quoi avoir le trac. La salle Lamarque-Cando était bien pleine. Facile 300 personnes, peut-être 400, toutes ravies d'être conviées comme l'ensemble des Montois à la présentation publique des cartels de la prochaine Madeleine.

Marie Sara à l'aise

Il revient au maire de rappeler que pour la première fois, le mandataire de la feria a été choisi à l'issue d'un appel d'offres. C'est ainsi que la casa Chopera a été écartée après des décennies de présence au Plumaçon et Marie Sara choisie.

« L'annonce de ces cartels est l'aboutissement de son travail », de celui de la commission taurine aussi. Geneviève Darrieussecq n'oublie pas d'associer les peñas dans ses remerciements. « Elles ont été sources d'inspiration et de proposition comme nous leur avions demandé. »

Marie Sara renvoie l'ascenseur et c'est parti. Images à l'appui. Commentaires en simultané.

Vendredi sera un grand jour. Le cartel, grandiose, sera sans doute le plus applaudi. El Juli, El Fundi et Juan Bautista devant un lot de La Quinta « magnifiquement présenté ». Une corrida à la fois toriste et toreriste. Un tour de force.

Samedi sera pas mal non plus. « Les Flores ont des cornes impressionnantes », souligne le maire. « Nous sommes dans la même idée que le vendredi, éclaire Sara. Des toros bien présentés avec deux figuras en face, El Cid et Enrique Ponce. » Ponce, 20 ans d'alternative, viendra pour un quinzième paseo au Plumaçon. Le troisième larron sera Salvador Vega. La blonde organisatrice vante ses qualités. « Il va exploser cette année. Au campo, il est formidable. »

Dimanche est peut-être le jour creux. Il verra « trois valeureux guerriers » (dixit Darrieussecq) face à des toros « vraiment impressionnant » (Sara). Une corrida « terreurifique » (la même). Guillaume François glisse que Bolivar a été la vedette américaine (du Sud) cet hiver.

« L'indulto, on en rêve »

Et le lundi alors ? Il est annoncé « artistique ». La présence de Manzanares soulève l'enthousiasme. Le retour de Sébastien Castella, (« numéro un français de tous les temps », selon Marie Sara) dans le Sud-Ouest est salué à sa juste mesure. Largement.

Il aura à faire aux petits frères et cousins de Desgarbado réunis dans un lot que guignait Jerez de la Frontera. Personne n'a oublié le héros des arènes de Dax, ce petit toro à l'énergie intarissable et au courage inextinguible. « Tout le monde rêve d'indulto », résume Guillaume François.

Mardi, ce sera déjà la fin. Et quelle fin. Pour Marie Sara, « c'est important de clore de façon spectaculaire ». El Juli double, Perera ne sera a priori ni à Bayonne, ni à Dax et Luque « va exploser qu'il triomphe ou pas à Mont-de-Marsan ».

« Il me tarde », jure, comme un enfant, un vieil abonné.

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Du lourd mais avec de l'élégance

La Quinta : meilleur lot 2008

Don Alvaro Martinez Conradi, éleveur de La Quinta et triomphateur de la Madeleine 2008, a reçu samedi deux fois le prix du meilleur lot de la temporada 2008 décerné par l'Association nationale des critiques taurins (section Sud Ouest) et l'Union des cercles taurins Paul-Ricard.

Vendredi 17 juillet : Six toros de La Quinta pour El Fundi, El Juli et Juan Bautista (18 heures). Concours landais à 22_heures.

Samedi 18 : Six toros de Samuel Flores pour Enrique Ponce, El Cid et Salvador Vega (18 heures).

Course des avenirs taurins avec deux novillos du Lartet à 11 heures suivi d'un encierro dans les rues de la ville.

Dimanche 19 : Six toros de Fuente Ymbro pour Julien Lescarret, Sergio Aguilar et Luis Bolivar (18 heures).

Corrida portugaise avec six toros de Benitez Cubero pour Antonio Domecq, Andy Cartagena et Leonardo Hernandez (22 heures).

Lundi 20 : Six toros de Victoriano del Rio pour Julio Aparicio, Sébastien Castella et José Maria Manzanares (18 heures).

Novillada piquée à 11 heures : deux novillos de Benitez Cubero pour Thomas Baqué, quatre novillos d'Enrique Ponce pour Thomas Dufau et Mathieu Guillon.

Mardi 21 : Six toros de Zalduendo pour El Juli, Miguel Angel Perera et Daniel Luque (18 heures).

Novillada non piquée avec des novillos de P. et J. Bonnet pour des novilleros encore à désigner (11 heures).

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Des affiches signées par Loren et Lasserre

loren-affiche.jpgElle va être tirée à 10 000 exemplaires (c'est nettement plus que l'an dernier) et sous trois formats différents. Il y aura comme classiquement la petite et cartonnée, la grande et, nouveauté, la plus grande encore de 120 cm sur 176 cm destinée à agrémenter les sucettes en centre-ville, ici et bien sûr ailleurs.

Comme l'an passé, ce n'est pas un concours qui a guidé la décision du jury mais un choix préétabli qui s'est porté sur Loren et sur Jacques Lasserre.

Jacques Lasserre est sur ce coup-là complice d'une première. Le concours landais du vendredi soir bénéficie cette année d'une affiche spécifique. Une illustration de la volonté de la commission taurine et de Jean Cazaux en particulier de redonner ses lettres de noblesse au rendez-vous montois.

« J'ai voulu mettre le ruedo en vedette », explique Jacques Lasserre, « et ce moment figace de la rencontre entre l'écarteur et la vache. Le bleu ne renvoie pas à une ganaderia en particulier mais aux couleurs de la ville. »

Inspiré par Warhol

lasserre-affiche.jpgPour les corridas, Loren (de son vrai nom Laurent Pallatier) s'est inspiré d'Andy Warhol et utilisé comme support une photo prise dans les arènes de Séville. Le résultat est assez étonnant mêlant classicisme et art moderne.

Une ombre portée et renversée de toro au coeur d'un assemblage de carrés de couleur. Ce toro dont « tu sais qu'il est là », « tu le sens, il approche ». Autour, chaque carré représente une passe et renvoie à ce carré virtuel que Dominguin évitait comme la peste, celui qu'il ne fallait pas fouler sous peine de mort.

Il y a du rouge, comme le désir ; du bleu comme le ciel ; du vert comme l'espoir, de l'ocre comme le ruedo, du violet comme quand un torero pète les plombs comme El Fundi ou El Cordobes... »

« Je vous ai donné les clés », lance l'artiste à l'issue de la présentation. « Maintenant comme disait Soldevilla, ''à vous de jouer''.»

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MIURA, TOMAS...

Les représentants de la commission taurine sont allés au campo voir les Victorino Martin et les Miura, présents au Plumaçon l'an passé. « On a vu un très bon lot de Miura et du moins bon chez Victorino », explique Guillaume François. « Comme les Victorino, on va beaucoup les voir cet été, on a tranché sans regret. En revanche, les Miura... » Longue réflexion faite, les Fuente Ymbros leur ont été préférés. Ce n'est que partie remise.

Parmi les rares figuras absentes, la plus brillante d'entre elles : José Tomas. Ses prétentions financières (au bas mot 200 000 euros la course) ont de quoi faire hésiter y compris les plazas fortunées. Dax se l'est offert l'an passé en cassant sa tirelire et a tenté, en vain, de rééditer le coup cette année pour Toros y salsa. Mont-de-Marsan préfère rester sage mais n'en espère pas moins. « Si on peut, on le fera venir l'année prochaine », promet Marie Sara.

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Trois Landais pour la novillada piquée

Face à quatre novillos d'Enrique Ponce dont ce sera la première sortie en France et deux de Benitez Cubero, les novilleros sont tous Landais : Thomas Baqué, Thomas Dufau et Mathieu Guillon. Une association qui constitue une première à ce niveau.

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Les locations sont ouvertes pour les abonnés

La campagne d'abonnements et réabonnements a ouvert il y a déjà deux semaines et se prolongera jusqu'au 4 mai. Les locations seront ensuite ouvertes à tous à partir de la dernière semaine de mai. Le prix des places est inchangé par rapport à l'an dernier. Contact au 05 58 75 39 08.


Jean-FRançois Renaut
jf.renaut@sudouest.com